U1 · La recette d’une bonne demande : contexte, tâche, format · Lecture · 4 min

Comprendre : La recette d’une bonne demande : contexte, tâche, format

Une demande, c’est une recette. Trois ingrédients, toujours les mêmes. Oubliez-en un, le plat est raté ; et le plus souvent, c’est le troisième qui manque.

Les trois ingrédients d’une bonne demande
Les trois ingrédients d’une bonne demande

1. Le contexte : qui, pour qui, pourquoi

Claude ne connaît ni votre entreprise, ni votre client, ni votre manière de parler. La documentation d’Anthropic le formule ainsi : traitez Claude comme un employé brillant mais qui vient d’arriver, et qui ignore tout de vos habitudes.

Donnez donc : qui vous êtes, à qui s’adresse le texte, et pourquoi vous le demandez. Cette dernière partie change beaucoup de choses : quand vous expliquez la raison d’une consigne, Claude s’en sert pour tous les cas que vous n’aviez pas prévus.

Dire « ne fais pas de phrases à rallonge » donne un résultat moyen. Dire « ce message sera lu sur un téléphone, entre deux chantiers » donne un résultat juste.

2. La tâche : un verbe, précis

Un seul verbe, clair : rédige, résume, compare, classe, traduis, corrige. Et quand l’ordre des étapes compte, donnez-les numérotées, une par ligne.

La règle d’or d’Anthropic tient en une phrase : montrez votre demande à un collègue qui ne connaît pas le dossier. S’il est perdu, Claude le sera aussi.

3. Le format : ce que vous voulez recevoir

C’est l’ingrédient qu’on oublie, et c’est celui qui fait le plus de différence. Précisez la longueur, la structure, le ton, la langue.

  • « 120 mots maximum »
  • « un tableau à trois colonnes : poste, quantité, prix »
  • « trois paragraphes suivis, sans listes à puces »
  • « ton cordial, vouvoiement, pas de jargon »

Dites ce qu’il faut faire, pas ce qu’il ne faut pas faire. C’est une recommandation explicite d’Anthropic. « N’utilise pas de listes » marche moins bien que « écris en paragraphes suivis ».

L’ingrédient secret : un exemple

Donner un exemple est le moyen le plus fiable d’obtenir le bon format, le bon ton et la bonne structure. Un ancien e-mail que vous avez écrit vous-même vaut dix lignes de consignes.

Collez-le, et ajoutez : « écris dans le même esprit que cet exemple ».

Chez la Menuiserie Vermont

La demande pauvre de Karim, celle qui donne un texte creux :

Prompt à copier
Fais un mail pour le client.

La même, avec les trois ingrédients :

Prompt à copier
Contexte : je suis Karim, de la Menuiserie Vermont, six personnes, cuisines et dressings sur mesure. J’écris à la famille Rey, des particuliers que j’ai rencontrés chez eux. Ils ont reçu le devis DEV-2026-047, une bibliothèque en chêne massif, il y a trois semaines et n’ont pas répondu. Ce message sera lu sur un téléphone.

Tâche : rédige l’e-mail de relance.

Format : 100 mots maximum, vouvoiement, ton cordial et direct, une seule question à la fin, aucune formule commerciale toute faite. Propose aussi trois objets d’e-mail de moins de sept mots.

Deuxième demande, vingt secondes de plus à écrire. Et quatre allers-retours en moins.