U1 · La recette d’une bonne demande : contexte, tâche, format · Lecture · 4 min
Une demande, c’est une recette. Trois ingrédients, toujours les mêmes. Oubliez-en un, le plat est raté ; et le plus souvent, c’est le troisième qui manque.

Claude ne connaît ni votre entreprise, ni votre client, ni votre manière de parler. La documentation d’Anthropic le formule ainsi : traitez Claude comme un employé brillant mais qui vient d’arriver, et qui ignore tout de vos habitudes.
Donnez donc : qui vous êtes, à qui s’adresse le texte, et pourquoi vous le demandez. Cette dernière partie change beaucoup de choses : quand vous expliquez la raison d’une consigne, Claude s’en sert pour tous les cas que vous n’aviez pas prévus.
Dire « ne fais pas de phrases à rallonge » donne un résultat moyen. Dire « ce message sera lu sur un téléphone, entre deux chantiers » donne un résultat juste.
Un seul verbe, clair : rédige, résume, compare, classe, traduis, corrige. Et quand l’ordre des étapes compte, donnez-les numérotées, une par ligne.
La règle d’or d’Anthropic tient en une phrase : montrez votre demande à un collègue qui ne connaît pas le dossier. S’il est perdu, Claude le sera aussi.
C’est l’ingrédient qu’on oublie, et c’est celui qui fait le plus de différence. Précisez la longueur, la structure, le ton, la langue.
Dites ce qu’il faut faire, pas ce qu’il ne faut pas faire. C’est une recommandation explicite d’Anthropic. « N’utilise pas de listes » marche moins bien que « écris en paragraphes suivis ».
Donner un exemple est le moyen le plus fiable d’obtenir le bon format, le bon ton et la bonne structure. Un ancien e-mail que vous avez écrit vous-même vaut dix lignes de consignes.
Collez-le, et ajoutez : « écris dans le même esprit que cet exemple ».
La demande pauvre de Karim, celle qui donne un texte creux :
Fais un mail pour le client.
La même, avec les trois ingrédients :
Contexte : je suis Karim, de la Menuiserie Vermont, six personnes, cuisines et dressings sur mesure. J’écris à la famille Rey, des particuliers que j’ai rencontrés chez eux. Ils ont reçu le devis DEV-2026-047, une bibliothèque en chêne massif, il y a trois semaines et n’ont pas répondu. Ce message sera lu sur un téléphone. Tâche : rédige l’e-mail de relance. Format : 100 mots maximum, vouvoiement, ton cordial et direct, une seule question à la fin, aucune formule commerciale toute faite. Propose aussi trois objets d’e-mail de moins de sept mots.
Deuxième demande, vingt secondes de plus à écrire. Et quatre allers-retours en moins.