U1 · Écrire dans sa voix : donner des exemples à Claude · Lecture · 5 min

Comprendre : Écrire dans sa voix : donner des exemples à Claude

Vous relisez le texte produit par Claude. Il est correct. Poli. Fluide. Et il ne vous ressemble pas du tout.

C'est le reproche le plus fréquent fait à l'IA, et il a une cause simple : vous avez décrit votre style avec des mots, au lieu de le montrer.

« Chaleureux et professionnel » ne veut rien dire

Demandez à dix personnes d'écrire un e-mail « chaleureux et professionnel ». Vous obtiendrez dix textes différents. L'adjectif ne transporte presque aucune information.

Un exemple, lui, transporte tout d'un coup : la longueur de vos phrases, les mots que vous employez, la façon dont vous commencez et dont vous finissez.

C'est comme une recette. « Fais un gâteau moelleux » ne donne rien. Montrer le gâteau, c'est autre chose.

Les exemples sont le meilleur levier

Anthropic l'écrit noir sur blanc dans sa documentation : les exemples sont l'un des moyens les plus fiables d'orienter le format, le ton et la structure des réponses de Claude. La documentation recommande d'en donner trois à cinq, et de les entourer de balises pour que Claude les distingue de vos consignes.

C'est la bonne nouvelle de cette fiche : vous avez déjà écrit ces exemples. Ils sont dans votre dossier de messages envoyés.

Choisir ses trois exemples

Trois exemples valent mieux que dix adjectifs
Trois exemples valent mieux que dix adjectifs
  • Ressemblants. Du même genre que ce que vous voulez produire. Pour écrire des relances, donnez des relances.
  • Variés. Un client content, un client mécontent, un fournisseur. La documentation insiste sur ce point : des exemples trop semblables font attraper à Claude un détail qui n'a rien à voir avec votre voix.
  • Vraiment de vous. Pas le texte que votre neveu a écrit pour le site.

Nommez aussi vos trois tics

Les exemples montrent. Deux ou trois règles explicites verrouillent.

Chez Sophie, à la Menuiserie Vermont, ce sont : des phrases courtes, jamais la formule « n'hésitez pas à revenir vers moi », et toujours le prénom du client dans la première ligne.

Écrivez les vôtres une fois pour toutes. Vous les recollerez à chaque fois.

Un prompt prêt à copier

Prompt à copier
Tu vas écrire comme moi. Voici trois textes que j'ai écrits moi-même.

<exemples>
<exemple>[collez un e-mail à un client content]</exemple>
<exemple>[collez un e-mail à un client mécontent]</exemple>
<exemple>[collez un message à un fournisseur]</exemple>
</exemples>

Les règles de ma voix :
- phrases courtes, une idée par phrase
- le prénom du client dès la première ligne
- jamais la formule « n'hésitez pas à revenir vers moi »

Écris maintenant, dans cette voix, une relance pour le devis DEV-2026-047 de la Famille Rey,
envoyé il y a trois semaines, resté sans réponse. Huit lignes maximum.

Les chevrons < > ne sont pas de la décoration : ils servent à Claude de trombones. Ils lui montrent où commencent et où finissent vos exemples, pour qu'il ne les confonde pas avec vos consignes. Recopiez-les tels quels, sans chercher à les comprendre.

Vérifier que c'est bien votre voix

Un test honnête : montrez le texte à quelqu'un qui vous connaît, sans dire d'où il vient. S'il ne tique pas, c'est gagné.

Un test plus rapide : relisez à voix haute. Si une phrase ne sort pas naturellement de votre bouche, elle n'est pas de vous. Corrigez-la et ajoutez-la à vos règles pour la prochaine fois.

Garder sa voix d'un jour à l'autre

Recopier ses exemples à chaque conversation devient vite fastidieux. Claude propose des réglages qui conservent des instructions au-delà d'une seule conversation : des instructions valables pour l'ensemble de votre compte, et des instructions propres à un projet.

C'est le sujet du chapitre 3. Pour aujourd'hui, gardez vos exemples et vos règles dans un simple fichier texte, prêt à coller. Au chapitre 4, ce fichier deviendra une compétence : une fiche que Claude ouvre tout seul, sans que vous ayez à la recoller.