U1 · Vérifier une réponse en trois minutes · Lecture · 6 min

Comprendre : Vérifier une réponse en trois minutes

Le cours 5 du chapitre 1 explique pourquoi Claude se trompe. Ici, on ne s'occupe que du geste : quoi vérifier, et jusqu'où.

Claude écrit avec assurance. Toujours. Même quand il se trompe. C'est un peu comme un stagiaire très brillant qui n'aimerait pas dire « je ne sais pas » : neuf fois sur dix il a raison, et la dixième fois il invente sur le même ton tranquille.

Ce n'est pas un défaut caché. Les conditions d'utilisation de Claude le disent noir sur blanc : les réponses peuvent contenir des erreurs même lorsqu'elles paraissent précises, et vous ne devriez pas vous y fier sans en vérifier vous-même l'exactitude. La vérification fait donc partie du travail. Ce n'est pas une punition.

Bonne nouvelle : elle prend trois minutes.

Trois minutes, trois gestes : repérer, demander les sources, recouper ailleurs
Trois minutes, trois gestes : repérer, demander les sources, recouper ailleurs

Minute 1 — repérer ce qui est vérifiable

Relisez la réponse et soulignez seulement ce qui pourrait être faux :

  • les chiffres : montants, délais, pourcentages, dimensions ;
  • les dates et les durées ;
  • les noms propres : entreprises, personnes, produits, normes ;
  • les références : un article de loi, une norme technique, un texte cité ;
  • les liens et les titres de documents.

Le reste — la structure, le ton, la formulation — ne se vérifie pas : ça se juge. Et ça, vous savez déjà le faire.

Minute 2 — demander les sources

Demandez à Claude de séparer ce qu'il sait de ce qu'il suppose. Avec la recherche web activée, il va chercher sur internet et accompagne sa réponse de citations et de liens vers ses sources, que vous pouvez ouvrir. Sur les formules d'équipe et d'entreprise, c'est un responsable qui active cette fonction pour tout le monde.

Prompt à copier
Reprends ta réponse. Pour chaque affirmation factuelle — chiffre, date, nom propre,
référence à un texte — donne-moi un tableau à trois colonnes : l'affirmation,
la source précise, et ton degré de certitude (sûr, probable, incertain).
Ajoute à la fin la liste de ce que tu n'as pas pu vérifier.
Ne réécris pas la réponse.

Ce prompt a un effet secondaire précieux : il découpe la réponse en affirmations. Un beau paragraphe sûr de lui devient soudain huit petites lignes, dont trois marquées « incertain ». Vous savez où regarder.

Minute 3 — recouper hors de Claude

C'est le geste qui compte. Ouvrez une source primaire — la page de celui qui écrit la règle, pas celle qui la recopie — en dehors de la conversation : le site officiel, le texte de la norme, la fiche du fabricant, votre propre comptabilité.

Deux pièges à connaître :

  • Un lien qui existe ne prouve pas que la phrase est juste. Ouvrez-le, et cherchez le passage dans la page.
  • Deux sources qui se répètent ne font pas deux sources. Si le second site recopie le premier, vous n'avez rien vérifié du tout.

Quand vérifier à fond, et quand laisser passer

Tout ne mérite pas trois minutes. Une seule question à se poser : où va cette réponse ?

  • Elle reste dans un brouillon → un coup d'oeil suffit.
  • Elle part dans un mail interne → vérifiez les chiffres.
  • Elle part chez un client, dans un devis, sur votre site, dans une réponse à un appel d'offres → vérifiez tout ce qui est vérifiable, sans exception.
  • Elle touche au droit, à la santé, à l'argent, à l'emploi ou au logement → faites-la relire par un professionnel du domaine avant qu'elle sorte. Et si vous vendez ce conseil à vos clients, ce n'est plus seulement du bon sens : la politique d'usage d'Anthropic demande alors qu'un professionnel qualifié relise avant diffusion.

Chez Vermont, Karim a demandé à Claude un paragraphe sur une obligation à mentionner dans ses devis. Le texte était impeccable, le ton parfait, le délai annoncé faux. Trois minutes sur le site officiel auraient suffi — et c'est exactement ce qu'il fait maintenant.