U1 · Conduire un entretien de découverte · Lecture · 18 min
L'entretien de découverte est le seul moment où tu accèdes au travail réel. Tout le reste du cadrage en découle : si l'entretien est mauvais, la fiche problème sera fausse, le périmètre sera faux, et le produit sera inutile. C'est aussi la compétence la plus différenciante du métier — celle qu'aucun outil no-code ne remplace.
Les gens décrivent mal ce qu'ils font. Non par mauvaise foi : parce qu'un travail répété mille fois devient invisible à celui qui l'accomplit. Demande « comment gérez-vous les demandes ? » et tu obtiendras le processus officiel, propre, celui qui n'existe pas. Demande « racontez-moi la dernière demande arrivée, hier ou avant-hier » et tu obtiendras la réalité, avec ses post-it et ses coups de fil.
Fais toujours raconter un cas précis et récent. C'est la règle la plus rentable de cette fiche.
Huit questions pour quarante-cinq minutes. Si tu en prépares vingt, tu passeras l'entretien à dérouler ta liste au lieu d'écouter.
Le silence. Après une réponse, attends trois secondes avant d'enchâiner. La deuxième moitié de la réponse — celle qui contient l'information gênante — arrive dans ce silence.
Le verbatim. Note les phrases exactes, entre guillemets, avec le nom de qui les prononce. « Je ne peux pas embaucher tant que le suivi n'est pas carré » vaut dix lignes de synthèse : c'est cette phrase que tu remettras au gérant au moment de valider le périmètre, et il ne pourra pas la contester.