U1 · Identifier les irritants et les chiffrer · Lecture · 18 min

Comprendre : Identifier les irritants et les chiffrer

Un irritant non chiffré ne convainc personne et ne permet d'arbitrer aucun périmètre. « C'est pénible de rechercher les infos » ne se compare à rien. « Deux heures par semaine et par commercial, soit environ 5 200 € par an » se compare à un devis, à une embauche, à un autre projet.

Trois méthodes de chiffrage

Le temps perdu. Fréquence × durée × coût horaire chargé. La méthode par défaut, celle qui s'applique presque partout. Compte le coût chargé, pas le salaire net — en PME française, un ordre de grandeur raisonnable se situe autour de 35 à 45 € de l'heure pour un poste administratif.

L'opportunité perdue. Nombre d'affaires manquées × panier moyen × taux de marge. C'est le calcul qui parle le plus à un dirigeant, parce qu'il porte sur du chiffre d'affaires et non sur du coût.

Le risque. Probabilité × impact. À réserver aux sujets réglementaires ou contractuels : pénalité de retard, litige client, non-conformité. Le chiffre est plus discutable, mais il porte quand l'enjeu est réel.

Chez Vermont

  • Recherche d'information — 2 h par semaine × 2 commerciaux × 45 semaines × 40 € = 7 200 € par an.
  • Demandes perdues — 3 au dernier trimestre, soit environ 12 par an × 18 000 € de panier moyen × 30 % de marge = 64 800 € par an.
  • Ressaisie des devis — 20 min × 4 devis par semaine × 45 semaines × 40 € = 2 400 € par an.

Le deuxième chiffre écrase les deux autres d'un facteur dix. C'est lui qui justifiera le projet — et c'est aussi lui qui indique par où commencer. Sans ce calcul, on aurait probablement attaqué par la ressaisie des devis, qui est le problème le plus visible et le moins coûteux.

L'ordre de grandeur suffit

Tu ne fais pas de la comptabilité analytique. Un chiffre juste à 30 % près remplit parfaitement son rôle : classer les irritants entre eux et donner un ordre de grandeur au décideur. Chercher la précision te ferait perdre des jours et n'améliorerait aucune décision.