U1 · Des vues par rôle : dirigeant, opérationnel, client · Lecture · 22 min

Comprendre : Des vues par rôle : dirigeant, opérationnel, client

C'est ici que le chapitre 2 sert vraiment. Ta base Partie prenante ne servait pas à décorer le dossier de cadrage : elle est la liste des vues à construire. Une personne cartographiée sans vue correspondante, c'est une personne qui contournera l'outil.

Une vue par rôle, jamais par personne

Karim et Léa font le même métier. Leur créer deux vues, c'est doubler la maintenance pour rien — et se retrouver bloqué le jour où un troisième commercial arrive, précisément ce que le gérant envisage.

La bonne réponse est une vue unique Mes demandes à traiter, filtrée sur l'utilisateur courant. Notion permet de filtrer une propriété Personne sur « utilisateur actuel » : chacun ouvre la même vue et n'y voit que ses lignes. Une vue, autant d'utilisateurs qu'on veut, zéro maintenance.

Les cinq vues de Vermont

  • Pascal, gérant — « Où va le chiffre » : les devis envoyés et relancés, triés par montant décroissant, avec la somme en pied de colonne. Sa question est le chiffre d'affaires en jeu, pas le détail des dossiers.
  • Karim et Léa, commerciaux — « Mes demandes à traiter » : filtre sur l'utilisateur actuel et statut Nouveau ou Visite planifiée, tri par date de contact croissante. La plus ancienne en haut : c'est celle qui risque de devenir un Ferrand.
  • Sophie, assistante — « À saisir et à relancer » : les devis envoyés depuis plus de quinze jours sans relance, plus les demandes sans devis. Sa vue est une liste de choses à faire, pas un tableau de bord.
  • Didier, atelier — « Gros devis probables » : montant supérieur à 15 000 € et statut Envoyé ou Relancé. C'est exactement le besoin qu'il a exprimé à 07:08 de son entretien : anticiper les commandes de bois, six semaines de délai fournisseur.
  • Le client — « Où en est mon projet » : une vue filtrée sur son seul dossier, trois propriétés visibles, aucune donnée interne. Elle fera l'objet de la fiche suivante, côté partage.

La vue de Didier mérite qu'on s'y arrête. Elle ne lui demande rien, ne l'oblige à rien saisir, et lui apporte une information qu'il n'avait pas. C'est ainsi qu'on ramène une partie prenante réservée : en lui donnant avant de lui demander.

Ce qui distingue une vue utilisable

  • Une seule question. Si tu ne peux pas la formuler en une phrase, découpe en deux vues.
  • Cinq colonnes au maximum. Au-delà, on fait défiler horizontalement, et personne ne fait défiler horizontalement.
  • Un tri qui porte l'urgence. Le premier élément de la liste doit être celui à traiter en premier.
  • Aucune explication nécessaire. Le test final : la personne peut-elle agir sans poser de question ? Si elle demande « et là je fais quoi ? », la vue a échoué.