U1 · User stories : la syntaxe et ses pièges · Lecture · 16 min

Comprendre : User stories : la syntaxe et ses pièges

La syntaxe

En tant que [rôle], je veux [action], afin de [bénéfice].

Trois parties, trois fonctions distinctes. Le rôle vient de tes personas — jamais d'ailleurs, et surtout pas de « l'utilisateur », qui ne désigne personne. L'action décrit ce que la personne veut faire, du point de vue de son métier. Le bénéfice dit pourquoi ça compte.

Le « afin de » est la partie utile

C'est la partie que tout le monde bâcle, et c'est la seule qui permette de dire non — ou mieux, de proposer autre chose.

Prends : En tant que commercial, je veux exporter la liste des demandes en tableur, afin de la trier par ancienneté. Le bénéfice révèle que l'export n'est pas le besoin : une vue triée par ancienneté résout le problème sans écrire une ligne de code d'export. Sans le « afin de », tu aurais construit l'export.

Règle de lecture : si le bénéfice ne t'apprend rien de plus que l'action, la story est mal écrite.

Trois pièges

La solution dans le « je veux ». « Je veux un bouton rouge en haut à droite » n'est pas une story, c'est une maquette. La bonne version dit ce que la personne veut accomplir, et laisse ouverte la façon d'y parvenir. Test : ta phrase impose-t-elle une seule mise en œuvre possible ? Alors réécris-la.

Le bénéfice tautologique. « Je veux enregistrer une demande, afin de pouvoir l'enregistrer. » Cela arrive plus souvent qu'on ne croit, sous des formes déguisées : « afin de gagner du temps », « afin d'être plus efficace ». Ces formules ne permettent aucun arbitrage.

Le « et ». « Je veux saisir une demande et l'affecter à un commercial et recevoir une confirmation. » Trois stories déguisées en une. Le « et » est un signal de découpage, presque sans exception.

La bonne taille

Une story doit être indépendante — réalisable sans attendre une autre —, négociable — elle décrit un besoin, pas un contrat figé —, utile à quelqu'un d'identifié, estimable, petite et vérifiable.

En pratique, le critère de taille qui fonctionne : une story qui ne tient pas dans une journée de travail se découpe. Non par dogme, mais parce qu'au-delà, personne ne sait plus dire si elle est finie.