U1 · Épopées, fonctionnalités, tâches : les trois niveaux · Lecture · 18 min
L'épopée répond à un objectif métier entier. Elle se compte en semaines et ne se livre jamais d'un bloc. Chez Vermont : « Centraliser l'entrée des demandes », « Fiabiliser le suivi des devis ».
La fonctionnalité — c'est la story du chapitre 4. Une à trois journées, et surtout : elle apporte de la valeur toute seule. Livrée isolément, quelqu'un en tire quelque chose.
La tâche est une unité de travail sans valeur propre. « Créer la propriété Canal », « Importer le tableur ». Personne à l'extérieur ne remarquerait qu'elle est faite.
Entre fonctionnalité et tâche, la confusion est permanente. Un seul test la dissipe : si c'était livré seul, quelqu'un hors de l'équipe verrait-il une différence ?
« Créer la propriété Canal dans la base Demande » — personne ne voit rien. C'est une tâche. « Sophie peut enregistrer une demande en trois champs pendant un appel » — Sophie voit très bien la différence. C'est une fonctionnalité.
L'enjeu est pratique : un backlog rempli de tâches déguisées en fonctionnalités devient impilotable. On coche beaucoup, on livre peu, et le client ne comprend pas pourquoi rien ne change chez lui.
Chaque interlocuteur a son niveau, et parler au mauvais fait dérailler la réunion.
C'est le dégradé de précision de la fiche précédente, appliqué aux niveaux. Découper en tâches un élément situé loin dans la liste, c'est du travail perdu — la découpe changera quand tu y arriveras.
En pratique : les tâches n'existent que pour ce qui est en cours ou pris pour la semaine. Le reste vit en fonctionnalités, et le fond de liste en épopées.
La propriété Sous-élément, vue en fiche 3.3, sert exactement à ça : la hiérarchie reste dans la même base, donc tout demeure filtrable, comptable et affichable ensemble. Une épopée porte ses fonctionnalités en sous-éléments ; une fonctionnalité porte ses tâches.