U1 · Relier backlog, parcours et périmètre · Lecture · 22 min
C'est la fiche qui referme le module sur lui-même. Tout ce qui a été construit depuis le chapitre 2 — irritants, personas, parcours, stories, versions — se relie ici en une chaîne unique. Et cette chaîne est ce qui distingue un cadrage professionnel d'une liste de souhaits bien présentée.
Chaque élément du backlog doit pouvoir remonter jusqu'à un fait établi en découverte :
Irritant chiffré → Story → Parcours → Persona, et transversalement Story → Version.
Les relations existent déjà pour la plupart : Story vers Parcours au chapitre 4, Story vers Irritant au chapitre 5, Parcours vers Persona au chapitre 4. Il reste à les activer toutes et à s'en servir.
Pascal demande pourquoi la vue de Didier figure au périmètre alors qu'elle ne rapporte rien de visible. Sans traçabilité, tu réponds par ton jugement, et il pèse ce que pèse un avis. Avec la traçabilité, tu remontes la chaîne : elle couvre l'irritant « chantier appris en retard », chiffré à partir des dix jours de planning perdus mentionnés par Didier à 02:35 de son entretien, elle sert le parcours « Anticiper les commandes de bois », et elle porte le risque d'adoption qu'on a choisi de tester tôt.
La discussion change de nature. Elle ne porte plus sur ton opinion, mais sur des faits qu'il a lui-même validés.
Les orphelins. Une story sans irritant lié est suspecte : d'où vient-elle ? Trois origines possibles, et il faut savoir laquelle. Un besoin réel qu'on a oublié de chiffrer — alors il faut le chiffrer. Une demande arrivée hors cadrage — alors la règle d'échange s'applique. Ou une idée à toi, qui paraissait bonne — et là, il faut la retirer ou la défendre explicitement.
Les irritants non couverts. Le contrôle inverse, et le plus précieux : y a-t-il un irritant chiffré que rien dans le backlog ne traite ? C'est là que se logent les oublis, et ils ne se voient jamais autrement — parce qu'un oubli, par définition, n'apparaît dans aucune liste.
Sur une base Irritants, une agrégation comptant les stories liées suffit : filtrée sur zéro, elle montre ce que le produit ignore.
Une agrégation remontant, pour chaque épopée, la somme des irritants couverts par ses fonctionnalités. Chez Vermont, l'épopée « Centraliser l'entrée des demandes » affichera près de 65 000 € — ce qui rend le débat sur son coût nettement plus court.
Un avertissement : ce chiffre est un ordre de grandeur, pas une promesse de gain. La distinction de la fiche 5.5 tient toujours — tu chiffres le coût du problème actuel, jamais le bénéfice de ta solution. Présente-le comme « ce que cette épopée adresse », pas comme « ce qu'elle rapportera ».