U1 · Ce qu'est un besoin métier — et ce qui n'en est pas un · Lecture · 9 min
Un client ne t'appelle jamais avec un besoin. Il t'appelle avec une solution qu'il a déjà choisie dans sa tête. « Il me faudrait un CRM », « on voudrait une application », « je veux automatiser les devis ». Ton premier travail consiste à défaire cette phrase pour retrouver ce qu'elle cache.
La demande est ce que le client formule. Elle est toujours une solution, jamais un problème. Elle a de la valeur — elle t'indique ce qu'il a déjà en tête — mais elle ne se travaille pas telle quelle.
Le besoin est ce qui manque réellement pour que le travail se fasse. Il se décrit sans nommer aucun outil. « Savoir à tout moment où en est chaque demande client » est un besoin. « Un CRM » n'en est pas un.
L'enjeu est la raison pour laquelle l'entreprise est prête à payer : de l'argent gagné ou perdu, du temps, un risque, une contrainte réglementaire. Sans enjeu identifié, un projet ne survit pas à la première urgence qui passe.
Trois questions suffisent la plupart du temps, posées dans cet ordre :
Une fois ces trois réponses obtenues, le besoin s'écrit dans une phrase unique, toujours construite de la même façon :
Aujourd'hui, [qui] ne peut pas [faire quoi], parce que [cause] — ce qui coûte [combien].
Chez Menuiserie Vermont, la demande initiale du gérant était : « il me faudrait un logiciel de suivi de chantier ». Après trois questions, le besoin s'est révélé ailleurs : Aujourd'hui, les deux commerciaux ne peuvent pas dire où en est une demande sans appeler l'atelier, parce que les demandes arrivent sur trois canaux qui ne se rejoignent nulle part — ce qui a fait perdre trois affaires au dernier trimestre.
Le suivi de chantier n'était pas le problème. C'est l'entrée des demandes qui l'était.